Pompe à chaleur pour serre PAC ou chaudière

Pompe à chaleur ou chaudière : que choisir pour chauffer sa serre ?

Pompe à chaleur ou chaudière serre : gaz à condensation, fioul, bois et cogénération face à la PAC air/eau. Pour chaque option, le coût de la chaleur, l'aide financière mobilisable et ce qu'elle impose au quotidien.

Comparatif rédigé par Eco-CEE Agriculture à partir des fiches CEE officielles et des sources publiques liées dans le texte · octobre 2026.

Votre chaudière vieillit, votre contrat de cogénération approche de son terme ou le prix du gaz vous inquiète. Avant de signer, posez les options côte à côte : coût de la chaleur, aide mobilisable et exigences de chaque solution.

En bref. Pour une serre chauffée qui justifie au moins 300 kW, la pompe à chaleur air/eau produit la chaleur la moins chère aux prix moyens de 2025. Elle ouvre aussi droit à l'aide financière CEE la plus élevée. La chaudière à condensation reste aidée par la fiche AGRI-TH-110, avec des montants bien plus faibles, et les deux aides s'excluent en pratique.

Pompe à chaleur ou chaudière serre : le tableau comparatif

Cinq options, trois critères. Les prix sont les moyennes 2025 payées par les entreprises, hors TVA, publiées par le service statistique du ministère de la Transition écologique. Les aides viennent des fiches CEE officielles.

Option Énergie achetée (prix moyen 2025) Aide financière CEE Contraintes principales
PAC air/eauÉlectricité, 149 €/MWhAGRI-TH-108 : 2 600 à 2 900 kWh cumac/m² en maraîchage, 1 200 à 1 400 en horticulture (projet de révision)300 kW minimum par machine, raccordement électrique, CO2 à acheter
Chaudière gaz à condensationGaz naturel, 73 €/MWh PCIAGRI-TH-110 : 19 kWh cumac/m² en maraîchage, 150 en horticultureCombustion sur le site, exposition au prix du gaz
Chaudière fioulFioul, 88 €/MWh PCIAGRI-TH-110 si elle condense à 92 % au moinsCuve, livraisons, chaleur la plus chère du comparatif
Chaudière boisPlaquettes ou granulés, prix selon contratAucune fiche CEE agricole ; Fonds Chaleur de l'ADEME sur dossierSilo, approvisionnement, cendres
Cogénération gazGaz naturel, électricité revendueAucune fiche CEE agricoleContrat de vente d'électricité, marche imposée l'hiver

Une réserve : une chaudière déjà amortie ne coûte plus que son combustible et son entretien. Le verdict diffère donc entre un équipement en fin de vie et un équipement récent.

Le coût de la chaleur produite, en résumé

Une chaudière perd une partie de l'énergie du combustible, alors qu'une PAC restitue plusieurs kWh de chaleur par kWh d'électricité. On compare donc le MWh de chaleur utile, comme le fait notre calcul détaillé du prix et de la rentabilité. Aux prix moyens 2025, il ressort à environ 81 € au gaz, 104 € au fioul et 43 à 60 € avec une PAC, selon le COP saisonnier.

La condensation ne renverse pas ce classement. Au seuil de la fiche AGRI-TH-110, soit 92 % de rendement PCI, le MWh de chaleur au gaz revient à environ 79 €. À 100 % de rendement, il coûterait encore 73 €, nettement au-dessus de la PAC. Seule une forte hausse de l'électricité refermerait l'écart : le prix d'équilibre figure sur la page citée.

Coût d'un MWh de chaleur utile aux prix moyens de 2025 : environ 104 € au fioul, 81 € au gaz, 79 € avec une chaudière à condensation, 73 € avec un rendement théorique de 100 %, contre 43 à 60 € avec une pompe à chaleur selon son COP saisonnier.

Pompe à chaleur ou chaudière gaz : que gagne la serre ?

Avec 97 % des serres maraîchères chauffées au gaz, et 44 % des horticoles, c'est l'arbitrage le plus fréquent. La chaudière gaz garde pourtant des atouts.

Ce que la chaudière gaz apporte encore

  • Le CO2 des fumées. Épurées par un catalyseur, elles enrichissent l'air de la serre. Dans la région nantaise, toutes les chaudières classiques en sont équipées, selon Réussir.
  • Aucune taille minimale. Une chaudière se dimensionne à n'importe quelle serre, là où l'aide PAC demande 300 kW par machine (et l'aide à la condensation, plus de 400 kW).
  • Une technique connue de l'équipe et du chauffagiste.

Ce que la PAC change

La PAC supprime la combustion sur le site et sort la serre de l'exposition au prix du gaz. En contrepartie, elle exige une couverture isolée, un raccordement électrique dimensionné et une autre source de CO2 : voyez comment apporter du CO2 sans chaudière. Elle rend aussi davantage avec une eau moins chaude, un critère clé pour choisir sa pompe à chaleur de serre.

En tomate et en concombre, les consignes de nuit élevées font peser l'écart de coût plus lourd. Les cas chiffrés sont sur notre page pompe à chaleur en serre maraîchère. Pour le principe, la puissance et les conditions, tout est réuni dans notre guide de la pompe à chaleur pour serre.

Chaudière à condensation : que vaut la fiche AGRI-TH-110 ?

La chaudière à condensation récupère la chaleur de la vapeur d'eau contenue dans les fumées. C'est la seule chaudière encore aidée par une fiche CEE agricole : la fiche AGRI-TH-110, en vigueur dans sa version A54-3. Le calculateur de l'ADEME l'intitule « chaudière à condensation pour serres horticoles », mais le texte vise les serres horticoles comme maraîchères.

Les conditions de la fiche

  • une chaudière de plus de 400 kW thermiques, posée par un professionnel ;
  • un combustible liquide ou gazeux : gaz naturel, propane ou fioul, mais pas le bois ;
  • un rendement PCI d'au moins 92 %, à pleine charge comme à 30 % de charge ;
  • une opération engagée au plus tard le 30 juin 2028 ;
  • pas de cumul avec la fiche AGRI-TH-109, qui vise le récupérateur de chaleur à condensation.

Une aide sans commune mesure avec celle de la PAC

La fiche accorde 150 kWh cumac par m² de serre horticole chauffée, et 19 seulement en serre maraîchère. La surface retenue est plafonnée à 31 m² par kW en horticulture et à 5,9 m² par kW en maraîchage. Le tableau convertit ces forfaits à 8 € par MWh cumac, la valorisation retenue dans nos estimations.

Aide par m² chauffé Serre maraîchère Serre horticole
Chaudière à condensation (AGRI-TH-110)19 kWh cumac, soit environ 0,15 €150 kWh cumac, soit environ 1,20 €
PAC air/eau (projet de révision AGRI-TH-108)2 600 à 2 900 kWh cumac, soit environ 21 à 23 €1 200 à 1 400 kWh cumac, soit environ 9,6 à 11 €

En horticulture, la PAC reçoit 8 à 9 fois plus d'aide par m² ; en maraîchage, plus de 130 fois plus. Sur un hectare de serre horticole, cela représente environ 12 k€ pour la chaudière, contre 96 à 112 k€ pour la PAC si la révision paraît en l'état. Il s'agit de la valeur totale des certificats, avant partage avec l'obligé ou le délégataire.

Chaudière neuve et PAC aidée : il faut choisir

La version en vigueur de la fiche PAC, dite A35-2, exclut déjà les PAC installées « en relève d'une chaudière à haute performance énergétique ». Le projet de révision va plus loin : électrification totale et PAC hybrides exclues. Aucune chaudière n'est conservée, hors secours consigné (500 heures par an et 12 % de l'énergie au plus).

Investir aujourd'hui dans une chaudière à condensation revient donc à renoncer à l'aide PAC tant qu'elle chauffe la serre. Or la fiche AGRI-TH-110 lui prête une durée de vie conventionnelle de 22 ans.

Chaudière fioul en serre : l'écart le plus net

Le fioul cumule le combustible le plus cher du comparatif (88 € le MWh PCI en 2025) et les contraintes de stockage : cuve, livraisons, suivi des niveaux. Une chaudière fioul à condensation peut relever de la fiche AGRI-TH-110, qui admet les combustibles liquides. Son aide reste toutefois celle du tableau ci-dessus.

Face au fioul, la PAC creuse le plus l'écart : dans nos scénarios, l'économie par m² y est environ 1,7 fois plus forte qu'au gaz. Pour la marche à suivre, voyez comment remplacer une chaudière fioul de serre.

Chaudière bois en serre horticole : renouvelable, mais exigeante

La chaudière bois brûle des plaquettes, des granulés ou des connexes de scierie. Renouvelable, elle attire surtout les horticulteurs et pépiniéristes proches d'une filière bois. C'est aussi l'une des énergies renouvelables qu'admet une serre chauffée en bio. Elle n'entre pas dans la fiche AGRI-TH-110, réservée aux combustibles liquides ou gazeux, et aucune autre fiche CEE agricole ne la finance.

Son financement passe plutôt par le Fonds Chaleur de l'ADEME, sur dossier et sous conditions : voyez le Fonds Chaleur et autres aides. Côté exploitation, comptez avec :

  • un silo et une aire de livraison ;
  • un approvisionnement à contractualiser sur plusieurs années ;
  • le décendrage et un entretien plus suivi qu'avec le gaz.

Avec le projet de fiche PAC, elle ne peut pas rester en appoint d'une PAC aidée : le choix se fait entre les deux. Les spécificités des fleurs, des potées et des pépinières sont détaillées sur la page pompe à chaleur en serre horticole.

Cogénération en serre : que faire à la fin du contrat ?

La cogénération produit à la fois de l'électricité, revendue, et de la chaleur, récupérée sur le moteur et les fumées. Dans la région nantaise, 49 moteurs au gaz naturel chauffent la majorité des quelque 150 hectares de serres verre, selon Réussir Fruits et Légumes (mai 2024).

Sous contrat d'obligation d'achat avec EDF, ces moteurs doivent tourner du 1er novembre au 31 mars. Les contrats s'arrêtent progressivement, et la vente d'électricité bascule vers le marché libre. Toujours selon Réussir, moins de 20 % des cogénérations y sont équipées d'un catalyseur pour valoriser le CO2 des fumées.

À l'échéance, trois voies s'ouvrent : vendre l'électricité au prix du marché, revenir à une chaudière gaz ou électrifier avec une PAC. Le projet de fiche PAC exclut l'hybridation d'une chaufferie existante : une cogénération qui continue de chauffer la serre n'entre pas dans ce cadre. La démarche complète figure sur notre page pour sortir du gaz et de la cogénération.

Quel chauffage selon votre situation ?

Nos repères, à confirmer par une étude :

  • Serre maraîchère chauffée de plus de 2 000 m², au gaz ou au fioul : étudiez la PAC en premier. Une machine de 300 kW s'y justifie et l'aide y est la plus forte.
  • Serre horticole tempérée de moins de 3 500 m² : le seuil de 300 kW devient difficile à justifier, sauf consigne élevée ou région froide. Comparez alors avec une chaudière à condensation.
  • Chaudière récente et performante : son coût est engagé. Préparez le dossier PAC pour son remplacement, sans démonter un équipement qui fonctionne.
  • Cogénération sous contrat : attendez l'échéance, mais chiffrez la PAC dès maintenant : l'étude et le raccordement prennent du temps.
  • Bois local disponible et main-d'œuvre pour le suivre : la chaudière bois se défend, hors aide CEE.

Au-delà de 300 kW, plusieurs machines se combinent : voyez les pompes à chaleur de grande puissance. Et si votre chaudière lâche avant que vous ayez tranché, voyez d'abord comment changer le chauffage d'une serre dans l'urgence.

Par où commencer

Faire l'inventaire de la chaufferie

Âge, puissance et rendement de chaque chaudière, énergie utilisée, échéance d'un éventuel contrat de cogénération.

Traduire vos factures en chaleur utile

Trois hivers de consommation, convertis en MWh de chaleur, pour comparer les options à besoin égal.

Mettre les aides en regard

AGRI-TH-108 pour la PAC, AGRI-TH-110 pour la condensation. Aucun devis ne se signe avant le montage du dossier.

Faire trancher par une étude

Puissance à la température de base, raccordement électrique et coût net de chaque option, chiffrés sur votre site.

Gaz, fioul, bois ou cogénération : décrivez votre chaufferie, l'étude gratuite la compare à une PAC, aide comprise.

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Aides disponibles

Pour la PAC, l'aide financière CEE relève de la fiche AGRI-TH-108, dont la version A35-2 s'applique tant que sa révision n'est pas parue. La révision de la fiche, attendue au Journal officiel, prévoit des montants environ 3 fois plus élevés, d'après le projet d'arrêté soumis à consultation. Préparez votre dossier dès maintenant : voyez la fiche AGRI-TH-108 et sa révision.

Le financement d'une PAC peut atteindre jusqu'à 100 %, selon l'éligibilité (surface chauffée, type de production, puissance d'au moins 300 kW, électrification totale). Vérifiez les conditions d'éligibilité de l'aide, puis estimez l'aide pour votre serre. Pour une chaudière à condensation, seule la fiche AGRI-TH-110 s'applique, avec les forfaits vus plus haut.

PAC ou chaudière : vos questions

Une chaudière à condensation neuve et une PAC aidée peuvent-elles cohabiter ?

Seulement si la chaudière devient un secours consigné, utilisé quand la PAC est indisponible. La fiche AGRI-TH-110 finance une chaudière qui chauffe la serre, alors que la fiche PAC révisée exige que la PAC chauffe seule. En pratique, il faut choisir : faites valider tout montage associant les deux avant de signer.

La chaudière bois est-elle financée par l'aide CEE ?

Non. La fiche AGRI-TH-110 n'admet que les combustibles liquides ou gazeux, et aucune autre fiche CEE agricole ne vise la chaudière bois. Le Fonds Chaleur de l'ADEME peut la soutenir, sur dossier.

Faut-il démonter l'ancienne chaudière ?

Pas forcément. Le projet de fiche tolère qu'elle reste en secours consigné, avec une procédure écrite et un compteur dédié, pour les seules pannes de la PAC. Si vous ne la gardez pas, prévoyez sa dépose dans le budget.

Une PAC hybride gaz/électricité est-elle une bonne alternative ?

Pas pour l'aide : le projet de fiche révisée exclut les PAC hybrides gaz/électricité et l'hybridation d'une chaufferie existante. Une solution hybride se finance donc hors de la fiche AGRI-TH-108.

Comparons les options pour votre serre

Pompe à chaleur ou chaudière serre : la réponse dépend de votre surface, de votre culture et de votre énergie actuelle. L'étude gratuite met votre chaufferie face à la PAC, aide comprise. Un financement jusqu'à 100 % reste possible selon l'éligibilité (surface chauffée, type de production, puissance d'au moins 300 kW, électrification totale).

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