Pompe à chaleur pour serre Bien la choisir

Bien choisir sa pompe à chaleur pour serre

Quelle pompe à chaleur pour serre installer quand on chauffe 2 000 m² ou plusieurs hectares ? Technologie, performance, puissance par grand froid, réseau d'eau : voici les critères qui comptent, et ceux qui changent le montant de l'aide financière CEE.

Guide rédigé par Eco-CEE Agriculture · première publication le 3 mai 2026 · révisé le 17 octobre 2026.

Sur le papier, toutes les pompes à chaleur se ressemblent. Dans une serre de production, l'écart entre deux machines se paie pourtant pendant des années, sur la facture comme sur l'aide. Voici les critères de choix dans l'ordre où ils se posent : technologie, performance, puissance, tenue en hiver, réseau et stockage.

En bref. Pour une serre maraîchère ou horticole chauffée, la bonne machine est une PAC air/eau électrique d'au moins 300 kW, dimensionnée pour tenir seule la nuit la plus froide du site. Visez aussi la meilleure efficacité saisonnière. Sous 400 kW, une Etas d'au moins 140 % relève le forfait d'aide d'environ 12 % en maraîchage et 17 % en horticulture, selon le projet de fiche révisée.

Quelle pompe à chaleur pour serre : air/eau, eau/eau ou air/air ?

La source de chaleur décide du reste : l'emplacement, les travaux et l'accès à l'aide. Le tableau situe chaque famille entre la fiche AGRI-TH-108 en vigueur et sa révision, attendue au Journal officiel.

Technologie Source de chaleur Fiche en vigueur (A35-2) Projet de révision
PAC air/eauAir extérieur, chaleur cédée à un circuit d'eauÉligibleSeule technologie retenue
PAC eau/eau, géothermieSol, nappe ou boucle d'eauÉligibleExclue
PAC air/airAir extérieur, air chaud soufflé dans la serreHors ficheHors fiche

La PAC air/eau, standard de la serre de production

Une PAC air/eau pour serre se pose dehors, près de la chaufferie, et chauffe l'eau qui circule déjà dans vos tubes ou vos aérothermes, sans forage. Le projet de fiche révisée ne retient plus qu'elle, si chaque machine est neuve, électrique et fournit au moins 300 kW thermiques. Son point faible : sa performance baisse quand il gèle, au moment où la serre réclame le plus de chaleur.

Géothermie en serre : une fenêtre qui se referme

La géothermie et les PAC eau/eau puisent dans un sol, une nappe ou une boucle d'eau dont la température varie peu au cours de l'hiver. Leur rendement reste plus régulier qu'en air/eau. La version A35-2 de la fiche les finance encore, mais le projet de révision les écarte.

Avec un forage ou une nappe exploitable, le calendrier compte donc plus que la technique : le projet doit être engagé avant la parution de la fiche révisée au Journal officiel. Ensuite, restent les autres aides pour serre agricole, au cas par cas.

Air/air et PAC hybrides : hors jeu

Une PAC air/air souffle de l'air chaud dans la serre, sans passer par l'eau. Elle ignore le réseau de tubes existant et n'entre dans aucune version de la fiche AGRI-TH-108. Le projet de révision exclut aussi les PAC hybrides gaz/électricité et l'ajout d'une PAC à une chaufferie conservée, puisqu'il impose l'électrification totale du chauffage. Quant aux petites PAC résidentielles, elles ne sont pas conçues pour l'humidité et les volumes d'une serre de production.

COP et Etas : la performance qui fixe l'aide

Le COP d'une pompe à chaleur de serre rapporte la chaleur fournie à l'électricité consommée, dans des conditions d'essai données. Un COP de 3,4 signifie 3,4 kWh de chaleur pour 1 kWh d'électricité.

Lire les fiches techniques sans se tromper

  • Le COP se mesure selon la norme EN 14511, à des températures d'air et d'eau fixées. Comparez toujours deux machines dans les mêmes conditions.
  • L'Etas, ou efficacité énergétique saisonnière, s'exprime en pourcentage. Calculée sur toute la saison de chauffe, elle reflète mieux la vie réelle d'une serre.
  • La température d'eau de l'essai pèse lourd : une même machine affiche une meilleure Etas avec une eau à 35 °C qu'à 55 °C.

Le projet de fiche révisée retient l'un ou l'autre indicateur selon la taille de la machine. Une PAC de 400 kW au plus doit justifier une Etas minimale de 111 % avec une eau à 55 °C, ou de 126 % à 35 °C. Une PAC plus puissante doit justifier un COP minimal de 3,4, mesuré selon la norme EN 14511-2.

Une machine plus efficace, une aide plus haute

C'est le point que les comparatifs oublient : dans le projet de fiche, le forfait d'aide dépend aussi du niveau de performance. Le kWh cumac est l'unité des certificats d'économies d'énergie. Les montants en euros sont valorisés à 8 € par MWh cumac.

Puissance et performance de la PAC Serre maraîchère Serre horticole
400 kW au plus, Etas de 111 à 140 %2 600 kWh cumac/m², soit 20,8 €/m²1 200 kWh cumac/m², soit 9,6 €/m²
400 kW au plus, Etas de 140 % ou plus2 900 kWh cumac/m², soit 23,2 €/m²1 400 kWh cumac/m², soit 11,2 €/m²
Plus de 400 kW, COP de 3,4 à 42 700 kWh cumac/m², soit 21,6 €/m²1 300 kWh cumac/m², soit 10,4 €/m²
Plus de 400 kW, COP de 4 ou plus2 800 kWh cumac/m², soit 22,4 €/m²1 300 kWh cumac/m², soit 10,4 €/m²

Sur un hectare de tomates, passer d'une Etas de 130 % à 145 % porte l'aide de 208 k€ à 232 k€ : 24 k€ de plus. En horticulture, l'écart atteint 16 k€ par hectare. Ce gain se compare directement au surcoût éventuel du modèle le plus efficace. Ces montants restent à confirmer à la parution de la fiche, et la part reversée à l'exploitant dépend du contrat signé.

Quelle puissance installer, et en combien de machines ?

La fiche révisée supprime la chaudière d'appoint. La pompe à chaleur doit donc assurer seule la pointe de froid, et sa puissance se calcule sur les pertes de la serre par la nuit la plus froide du site. Les besoins par culture et la surface couverte par 300 kW figurent dans notre guide complet de la pompe à chaleur pour serre.

La puissance à la température de base, pas la puissance nominale

La puissance affichée en tête de catalogue est mesurée dans des conditions d'essai douces. Par grand froid, la même machine fournit moins. Exigez donc la puissance disponible à la température de base de votre commune, appelée Tbase, avec la température d'eau dont votre serre a besoin. C'est ce chiffre qui se compare au besoin calculé par l'étude.

Graphique de principe : quand la température extérieure baisse, le besoin de chaleur de la serre augmente et la puissance de la pompe à chaleur diminue ; la machine doit couvrir le besoin à la température de base, sans chaudière d'appoint.

La consigne de nuit pèse aussi : nos repères de température idéale en serre aident à la fixer avant l'étude.

Une seule machine ou une cascade ?

Sur un demi-hectare de tomates, la pointe dépasse déjà 500 kW. Deux voies s'ouvrent alors : une grosse machine ou plusieurs PAC montées en cascade. La cascade module mieux la puissance selon le besoin, et une panne n'arrête pas tout le chauffage. Une règle du projet de fiche s'applique dans les deux cas : chaque PAC doit fournir au moins 300 kW. Les pompes à chaleur de grande puissance ont leur page dédiée.

Le plafond de 20 m² par kW

L'aide ne porte pas toujours sur toute la surface. Le projet de fiche la plafonne à 20 m² par kW installé en maraîchage, et à 18 m² par kW en horticulture. Pour qu'un hectare compte en entier, il faut donc au moins 500 kW en maraîchage, ou 556 kW en horticulture.

En pratique, ce plafond gêne peu : il revient à 50 W/m² en maraîchage et 56 W/m² en horticulture, alors que les besoins de pointe vont de 55 à 170 W/m². Il ne peut jouer que sur une serre horticole tempérée très bien isolée.

Pompe à chaleur de serre en hiver : dégivrage et grand froid

Une PAC tient-elle l'hiver sous serre ? Oui, si elle a été choisie pour. Par temps froid et humide, du givre se forme sur l'échangeur extérieur. La machine inverse alors brièvement son cycle pour le faire fondre, et pendant ce dégivrage elle ne chauffe plus la serre.

Trois précautions en découlent :

  • un modèle prévu pour fonctionner à la Tbase de votre région, qui va de −4 °C en Bretagne à −15 °C en Alsace ;
  • un ballon de stockage qui continue d'alimenter le réseau pendant les dégivrages ;
  • un emplacement dégagé, où l'air froid rejeté ne revient pas sur la machine et où l'eau de dégivrage s'évacue sans geler.

Le bruit compte aussi : comparez les niveaux sonores annoncés et placez la machine loin des habitations voisines.

Garder son réseau de tubes existant ?

Une PAC air/eau réutilise le réseau de distribution en place : passer à la pompe à chaleur n'oblige pas à tout refaire dans la serre. Pour comparer ces modes de diffusion, voyez notre page sur les tubes, aérothermes et chauffage par le sol.

La température de l'eau, premier critère

Une chaudière fournit sans effort une eau très chaude. Une pompe à chaleur, elle, perd du rendement à chaque degré supplémentaire demandé. Un réseau dimensionné pour une chaudière peut donc réclamer une eau plus chaude que celle qu'une PAC produit dans de bonnes conditions.

L'étude répond à trois questions. À quelle température le réseau doit-il fonctionner à la Tbase ? La surface d'échange suffit-elle avec une eau moins chaude ? Faut-il compléter le réseau, ou choisir une PAC haute température ? La réponse oriente le modèle, son Etas à 35 ou 55 °C, et donc l'aide.

Le ballon de stockage, exigé par la révision

Le projet de fiche impose un ballon de stockage classique ou un open buffer d'au moins une heure, ainsi qu'une gestion climatique fixe. Le ballon découple la production de la consommation. La PAC tourne plus longtemps à régime stable, ce qui sert son rendement et réduit les appels de puissance.

Le stockage d'eau chaude en serre fait aussi l'objet d'une fiche CEE distincte, AGRI-TH-102. Comme le ballon devient une condition de la fiche révisée, son cumul avec l'aide à la pompe à chaleur n'a rien d'automatique : il se vérifie projet par projet.

Quel chauffage pour une serre, si ce n'est pas une PAC ?

Chaudière gaz ou fioul, chaudière bois, cogénération : chaque énergie a ses coûts et ses contraintes. La PAC prend l'avantage quand la serre est chauffée, isolée en couverture et assez grande pour une machine de 300 kW. Notre comparatif pompe à chaleur ou chaudière met ces options côte à côte.

Par où commencer

Rassembler vos données

Surface chauffée, cultures et consignes, couverture, code postal, chauffage actuel et plan du réseau.

Faire réaliser l'étude de dimensionnement

Exigée par le projet de fiche, datée et signée, elle fixe la puissance à la Tbase, le régime d'eau, le ballon et le nombre de machines.

Comparer les offres sur les bons critères

Puissance et rendement à la Tbase, palier d'aide visé, niveau sonore, compatibilité avec la gestion climatique, service après-vente.

Monter le dossier d'aide avant de signer

Le dossier se constitue avant la signature du devis. La pose revient ensuite à un professionnel certifié, indépendant de l'exploitant.

Le calendrier complet, raccordement électrique compris, est détaillé dans les étapes d'un projet de pompe à chaleur en serre.

Vous hésitez entre deux machines ou deux dimensionnements ? Décrivez votre serre : l'étude gratuite compare les options pour vous.

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Aides disponibles

L'aide principale reste l'aide financière CEE de la fiche AGRI-TH-108. La version A35-2 en vigueur finance l'air/eau comme l'eau/eau. La révision de la fiche, attendue au Journal officiel, prévoit des montants environ 3 fois plus élevés, réservés à l'air/eau d'au moins 300 kW. Son projet d'arrêté a été soumis à consultation publique du 7 au 28 septembre 2026 : préparez votre dossier dès maintenant.

L'aide peut financer jusqu'à 100 % du projet, selon l'éligibilité (surface chauffée, type de production, puissance d'au moins 300 kW, électrification totale). Le choix de la machine y contribue. Pour le budget, consultez la page prix et rentabilité d'une PAC de serre. Vérifiez ensuite les conditions d'éligibilité à l'aide, puis estimez votre aide financière CEE selon votre surface.

Questions fréquentes pour choisir sa PAC de serre

Peut-on installer deux pompes à chaleur de 150 kW ?

Pas pour l'aide de la fiche révisée : le projet exige au moins 300 kW thermiques par machine. Deux PAC de 150 kW peuvent chauffer une serre, mais elles sortent du champ de l'aide financière CEE. Pour une grande surface, la solution reste plusieurs machines de 300 kW ou plus, en cascade.

Le COP annoncé sera-t-il celui de ma serre ?

Pas exactement. Le COP du catalogue est mesuré dans des conditions d'essai fixes. Dans votre serre, il varie avec la température extérieure, celle de l'eau et le pilotage. L'Etas, calculée sur toute la saison de chauffe, en donne une image plus fidèle.

Quelle marque de pompe à chaleur choisir pour une serre ?

Nous ne recommandons pas de marque. Comparez des chiffres vérifiables : puissance et COP à la Tbase, Etas certifiée, niveau sonore, références en serre et service après-vente proche. L'étude de dimensionnement fixe le cahier des charges que chaque offre doit respecter.

Combien de temps dure une pompe à chaleur de serre ?

Le projet de fiche révisée retient une durée de vie conventionnelle de 17 ans pour calculer l'aide. La durée réelle dépend de l'entretien, des heures de marche et des conditions du site.

Quelle pompe à chaleur pour votre serre ? Faisons le calcul

Une étude gratuite part de votre surface, de vos cultures et de votre réseau pour dire quelle pompe à chaleur pour serre convient, et à quel palier d'aide. Elle indique si un reste à charge zéro est atteignable, selon l'éligibilité (surface chauffée, type de production, puissance d'au moins 300 kW, électrification totale).

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