Remplacer la chaudière gaz de sa serre : par quoi et pour combien ?
Changement chauffage gaz serre : gaz naturel de réseau, propane en citerne ou cogénération en fin de contrat, chaque point de départ a ses contraintes. Voici le sort de la chaudière, la question du CO2 et ce que change la pompe à chaleur. Celle-ci peut être financée jusqu'à 100 % par l'aide financière CEE, selon l'éligibilité (surface chauffée, type de production, puissance d'au moins 300 kW, électrification totale).
Page rédigée par Eco-CEE Agriculture pour les serristes au gaz, en s'appuyant sur le projet d'arrêté AGRI-TH-108, les statistiques du SDES et la presse maraîchère · 17 octobre 2026.
Le gaz chauffe 97 % des serres maraîchères et 44 % des serres horticoles. Sortir du gaz est donc le cas le plus courant, mais pas le plus simple : une chaudière gaz fournit aussi du CO2, et une cogénération des recettes électriques. Pour une vue d'ensemble, toutes énergies confondues, suivez notre méthode pour changer le chauffage d'une serre.
Réponse courte. Pour remplacer une chaudière gaz de serre, la pompe à chaleur air/eau est la voie la mieux aidée dès 2 000 à 2 500 m² de serre maraîchère chauffée. Le projet de fiche impose de retirer toutes les chaudières, propane et biogaz compris. Une seule exception : un secours consigné. Le CO2 devra venir d'une autre source.
Gaz naturel, propane ou cogénération : d'où partez-vous ?
Les priorités dépendent de votre point de départ.
| Votre chauffage | Ce qui compte d'abord | Ce que prévoit le projet de fiche |
|---|---|---|
| Chaudière au gaz naturel (réseau) | Le prix du gaz, le CO2 des fumées, l'âge de la chaudière | Chaudière déposée, ou gardée en secours consigné |
| Chaudière ou générateurs au propane (citerne) | Le contrat de la citerne, un combustible plus cher | Même règle : le propane figure parmi les combustibles visés |
| Cogénération au gaz naturel | L'échéance du contrat de vente d'électricité | Aucune cogénération ne peut continuer à chauffer les serres |
Gaz naturel : un prix redescendu, pas revenu à son niveau d'avant-crise
Pour les entreprises, le gaz naturel a coûté en moyenne 73 € le MWh PCI hors TVA en 2025. C'est 2 % de plus qu'en 2024, après une baisse de 17 % l'année précédente, selon les chiffres clés de l'énergie du SDES.
Sur le marché de gros français (PEG), le prix spot moyen atteint 35,5 € le MWh PCS en 2025, contre 13,6 € en 2019, selon la même source. En serre maraîchère, l'énergie reste le deuxième poste de charges après la main-d'œuvre, rappelle Réussir Fruits et Légumes à propos des maraîchers nantais.
Gaz contre PAC, le coût du MWh de chaleur figure dans notre calcul du prix et de la rentabilité.
Propane en citerne : même règle, énergie plus chère
Hors réseau, le gaz arrive en citerne, sous forme de propane. Le projet d'arrêté révisant la fiche AGRI-TH-108 range le propane, comme le gaz naturel et le biogaz, parmi les chaudières à combustible à retirer.
Le SDES ne publie pas de prix professionnel du propane. Chez les ménages, toutes taxes comprises, le propane en citerne coûte 171 € le MWh PCI en 2025, contre 157 € pour le gaz naturel. Partez donc de vos propres factures.
Avant de dater les travaux, relisez le contrat de la citerne : durée, reprise, conditions de sortie. Des générateurs d'air chaud au propane ? Le projet de fiche exige un réseau d'eau : voyez les tubes, aérothermes et chauffage par le sol.
Cogénération : l'échéance du contrat fixe le calendrier
Sous contrat d'obligation d'achat avec EDF, elle doit tourner du 1er novembre au 31 mars, et ces contrats s'arrêtent peu à peu, selon Réussir. Pour remplacer une cogénération, les voies possibles à l'échéance sont posées dans notre comparatif pompe à chaleur ou chaudière.
Le projet de fiche ajoute trois points propres à ce cas :
- remplacer une partie des moteurs par des PAC et garder les autres relève de l'hybridation, exclue de l'aide ;
- la PAC doit être alimentée par le réseau public d'électricité, avec au besoin des panneaux photovoltaïques : le texte ne prévoit pas le courant d'une cogénération ;
- les chaudières gaz qui épaulent la cogénération partent aussi, hors secours.
Changement chauffage gaz serre : que devient la chaudière ?
Le projet de fiche parle d'électrification totale : aucune chaudière à combustible ne peut être conservée ni installée pour chauffer les serres. L'ancienne chaudière gaz a donc deux issues.
La déposer
La dépose de l'équipement existant doit figurer sur la preuve de réalisation des travaux, ou dans un document dédié : le contrôleur la vérifie. Prévoyez aussi le sort du branchement, du contrat de fourniture et du conduit de fumée.
La garder en secours, à des conditions strictes
La chaudière peut rester comme équipement de secours, pour assurer le chauffage quand la PAC est indisponible, et dans ce seul cas. Le projet d'arrêté fixe des conditions cumulatives :
- une consignation par fermeture des vannes hydrauliques et de l'arrivée de gaz, plus une condamnation électrique ;
- une intervention manuelle pour la remettre en marche, et une procédure de consignation écrite ;
- 500 heures de fonctionnement par an au plus, relevées par un compteur dédié ;
- une consommation annuelle limitée à 12 % de l'énergie consommée par le système de PAC.
L'étude de dimensionnement décrit ce secours et justifie son maintien. Le plafond de 12 % porte sur l'électricité des PAC, pas sur la chaleur produite. Comme une PAC fournit plusieurs kWh de chaleur par kWh consommé, le secours ne couvre qu'une petite part du besoin annuel.
Ce qui reste interdit pendant 17 ans
Le projet retient une durée de vie conventionnelle de 17 ans. De la signature du devis jusqu'à 17 ans après la fin des travaux, aucune chaudière à combustible, cogénération ou chaudière biomasse ne peut chauffer les serres, hors secours. Les PAC hybrides gaz et électricité sont exclues, comme l'ajout d'une PAC à une chaufferie conservée.
Une chaudière gaz neuve achetée maintenant devra donc, le jour du projet, être déposée ou reléguée au secours.
Sans chaudière, d'où viendra le CO2 ?
En tomate, le CO2 des fumées nourrit la photosynthèse. Dans la région nantaise, toutes les chaudières classiques portent un catalyseur qui extrait le CO2 des fumées, contre moins de 20 % des cogénérations, selon Réussir. Les besoins optimaux d'une tomate hors-sol sont estimés à 900 ppm de CO2, d'après un autre article de Réussir consacré au projet Serres+.
Les plantes n'utilisent ce CO2 qu'en journée. Une cogénération qui tourne jour et nuit n'en valorise donc que la moitié, toujours selon Réussir. Avec une PAC, la source disparaît en entier, faute de combustion.
Peut-on garder la chaudière pour le seul CO2 ? Pas comme secours : le projet de fiche ne l'autorise à tourner qu'en cas d'indisponibilité de la PAC. Le texte ne dit rien du CO2 : faites valider tout équipement de combustion conservé avant de signer. Les solutions sont comparées dans notre guide pour apporter du CO2 sans chaudière gaz.
Remplacer le gaz par une pompe à chaleur : ce qui change
La pompe à chaleur air/eau prend la place de la chaudière dans le circuit d'eau chaude. Principe, puissance et conditions sont réunis dans notre guide de la PAC de serre, et le contexte national sur la page consacrée à l'électrification des serres.
L'électricité prend la place du gaz
Pour une tomate hors-sol, Réussir retient 340 kWh de gaz et 10 kWh d'électricité par m², d'après les pratiques des producteurs. Avec une chaudière à 90 % et un COP saisonnier de 3, la PAC consommerait environ 100 kWh d'électricité par m², dix fois plus qu'aujourd'hui. C'est un calcul, pas une mesure : il montre surtout que le raccordement électrique devient le point dur du projet.
Avec le gaz à 73 €, l'électricité à 149 € et un COP de 3, l'économie avoisine 9,6 € par m² et par an. Elle suit l'écart entre les deux prix. Tarif jaune ou vert, délais : voyez le raccordement électrique et les étapes du projet.
Le réseau d'eau chaude, lui, reste
La PAC se raccorde aux tubes ou aérothermes à eau de la chaudière, avec un ballon de stockage d'au moins une heure exigé par le projet de fiche. Mesurez la température de départ de l'eau par grand froid : une PAC rend davantage avec une eau moins chaude.
Une aide calculée sur la surface
À 8 € par MWh cumac, le projet de fiche révisée prévoit environ 21 à 23 € d'aide par m² en maraîchage, et 9,6 à 11 € en horticulture. Il exige en retour au moins 300 kW par machine, une puissance justifiée dès 2 000 à 2 500 m² de serre maraîchère chauffée. Sur un hectare de tomates aujourd'hui chauffé au gaz, l'aide atteindrait 208 à 232 k€, en valeur totale des certificats.
Ce que ça vous coûte
Quitter le gaz ajoute au prix de la PAC des lignes propres à cette énergie :
- les PAC, le ballon et l'hydraulique ;
- le renforcement électrique, souvent le poste le plus incertain ;
- l'achat de CO2, si vous enrichissiez l'air avec les fumées ;
- la chaudière : dépose, ou consignation et compteur dédié si elle reste en secours ;
- la sortie du gaz : contrat de fourniture, branchement ou citerne ;
- pour une cogénération, la fin des recettes de vente d'électricité, à mettre en regard de la facture de gaz évitée.
En face : l'aide financière CEE et la facture de gaz évitée. Raisonnez en coût net, aide déduite.
Par où commencer
Convertir vos factures en chaleur
Les factures de gaz naturel sont en général exprimées en kWh PCS : multipliez-les par 0,9 pour obtenir des kWh PCI, selon les équivalences du SDES. Pour le propane, comptez 12,8 MWh PCI par tonne livrée, sur trois hivers.
Lister vos échéances
Contrat de fourniture de gaz, location de la citerne, fin de l'obligation d'achat de la cogénération : ces dates fixent la fenêtre des travaux.
Faire étudier votre site
L'étude gratuite vérifie l'éligibilité et la puissance utile, puis tranche le sort de chaque chaudière : dépose ou secours.
Sécuriser l'aide, puis signer
Le dossier CEE se monte avant toute signature de devis. Visez une mise en service avant l'hiver suivant.
Votre serre chauffe au gaz naturel, au propane ou en cogénération ? Regardons ensemble votre chaufferie.
Demander mon étude gratuiteAides disponibles
Une PAC de serre se finance par l'aide financière CEE, au titre de la fiche AGRI-TH-108. Sa version A35-2 s'applique encore et n'impose pas l'électrification totale. La révision de la fiche, attendue au Journal officiel, prévoit des montants environ 3 fois plus élevés, en échange des règles décrites plus haut. Calendrier et montants : voyez la révision de la fiche AGRI-TH-108.
Pour un serriste au gaz, l'électrification totale n'est pas une option mais une condition de la fiche révisée. Remplie avec les autres critères, elle ouvre un financement jusqu'à 100 %, selon l'éligibilité (surface chauffée, type de production, puissance d'au moins 300 kW, électrification totale). Contrôlez chaque critère d'éligibilité, puis chiffrez l'aide pour votre surface.
Quitter le gaz : questions fréquentes
Passer au biogaz ou au biométhane permet-il de garder la chaudière ?
Pas pour l'aide à la PAC. Le projet de fiche range le biogaz parmi les gaz des chaudières à retirer, au même titre que le gaz naturel et le propane. Une chaudière au biogaz ou au biométhane ne peut donc rester qu'en secours consigné.
Peut-on passer une partie des serres à la PAC et garder le gaz ailleurs ?
Pas sur un même site, avec la fiche révisée. Le remplacement partiel des chaudières ou des cogénérations y est traité comme une hybridation, exclue de l'aide. Au sens du projet, le site couvre les serres d'une même unité de production, dans les limites cadastrales de ses parcelles.
Mon contrat de cogénération court encore trois ans : que faire maintenant ?
Préparer. L'étude, la demande de raccordement électrique et le dossier d'aide prennent du temps : visez une mise en service à l'échéance du contrat. La fiche révisée vaut pour les opérations engagées avant le 1er octobre 2031.
Faut-il résilier le contrat de gaz si la chaudière reste en secours ?
Non : un secours au gaz doit rester alimenté. Pesez le coût de ce maintien (abonnement, entretien) face à 500 heures de service par an au plus.
Quitter le gaz : nos pages utiles
Changement chauffage gaz serre : parlons de votre chaufferie
Dites-nous ce qui chauffe vos serres et quand finit votre contrat. Nous regardons ce que deviennent la chaudière et le CO2. Avec une PAC, l'aide peut couvrir jusqu'à 100 %, selon l'éligibilité (surface chauffée, type de production, puissance d'au moins 300 kW, électrification totale).
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